Pentru cie interesati, un articol publicat pe situl public al lui Sympatico si preluat din jurnalul "Les Affaires".
La pénurie de main-d'oeuvre en aéronautique inquiète Québec
2005-07-07 00:00:03
par Martin Jolicoeur (LesAffaires.com)
Avec la reprise que connaît l'aéronautique québécoise, le gouvernement de la province s'inquiète plus que jamais des problèmes de pénurie de main-d'oeuvre auxquels l'industrie pourrait faire face.
À tel point que le ministre Claude Béchard s'est senti obligé, lors de son passage au dernier Salon international de l'aéronautique Paris Le Bourget, en France, de lancer un appel à tous.
"Il faut que les jeunes et leurs parents recommencent à voir l'aéronautique comme un secteur d'avenir", a dit le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE).
Selon lui, la population du Québec n'a pas idée de l'importance de cette industrie pour la province. Elle est le pain et le beurre d'un travailleur sur 200 au Québec et d'un sur 90 dans la région de Montréal. Cela en fait l'un des trois grands pôles dans le monde, avec Seattle et Toulouse), où la concentration est la plus élevée.
Les couloirs des écoles sont désertés
Mais après avoir subi les contrecoups de l'industrie aérienne, l'aéronautique a connu un ralentissement qui s'est immédiatement fait sentir dans les institutions d'enseignement. La plupart des six universités, cinq collèges techniques et deux écoles de métiers spécialisées offrant des programmes directement liés à l'aérospatiale ont vu leur couloirs désertés.
Affiliée au Collège Édouard-Montpetit, l'École nationale d'aérotechnique, par exemple, comptera moins de 700 étudiants en septembre, soit 900 de moins qu'elle en comptait en 2001. Résultat : le budget annuel de l'institution a fondu de moitié, la moitié des professeurs ont été placés en disponibilité, et plus d'une dizaine d'entre eux se sont portés volontaires pour faire la promotion de leur école dans les polyvalentes de la province, explique la directrice, Lucie Cousineau.
La situation paraît tout aussi problématique à l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal, une école professionnelle qui assure un taux de placement quasi parfait à ses finissants. Malgré tout, elle ne compte plus que 250 élèves de niveau secondaire, comparativement à environ 1 200 en 2000-2001.
"Nous formons des assembleurs, des machinistes, des tôliers, soit exactement les spécialistes que recherchent actsuellement les grands de l'industrie, affirme sa directrice, Josée Péloquin. Ces entreprises nous appellent tous les jours, et nous n'arrivons pas à combler leurs besoins. Si les choses ne changent pas, on se dirige vers une grave pénurie de main-d'oeuvre."
La situation inquiète d'autant plus que le ministre Béchard estime qu'advenant le lancement officiel du programme de fabrication de la nouvelle famille d'avions Série C de Bombardier, "au moins une dizaine de partenaires" de l'étranger s'implanteraient dans la région de Montréal.
Il n'a pu préciser combien d'emplois requerraient ces nouveaux venus, mais leur nombre serait suffisamment important pour que le ministre sonne l'alarme.
Pour pallier le désastre appréhendée, le gouvernement songe à lancer une campagne, en collaboration avec l'Association québécoise en aérospatiale et le Comité sectoriel de la main-d'oeuvre en aérospatiale, afin d'encourager les plus jeunes à s'orienter vers ce secteur.
"Nous en sommes à travailler à un plan de communication musclé avec différents conseillers en formation. Et il faut commencer tôt dans le processus. Ce sont des choix qui se font aussi jeune qu'en secondaire III et IV", a dit M. Béchard.