Author Topic: Frédéric Beigbeder  (Read 4821 times)

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Offline Rufus

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Frédéric Beigbeder
« on: Friday 02 March 2012, 13:38:25 »
In urma aparitiei in Franta a filmului "l'Amour Dure Trois Ans" (ianuarie 2012) inspirat dupa cartea cu acelasi nume, Frédéric Beigbeder a dat un interviu interesant despre filozofia sa de viata:
 
  A la première projection de son premier film, « L’amour dure trois ans » (en salles le 18 janvier), Frédéric Beigbeder est arrivé avec un morceau de papier et quelques phrases dont il voulait se souvenir devant l’assemblée. Ses mains tremblaient. C’est un mondain rougissant. Un timide qui rit très fort. Un homme qui aime les filles de 20 ans et rêve d’amour éternel. Pour nous il s’est mis physiquement tout nu très vite, a caché son sexe par une position assise puis, le lendemain, répondait à nos questions dans un restaurant en vue de Saint-Germain-des-Prés, son territoire. Il s’enferme parfois dans ce qu’il n’est pas, est contradictoire, mais ses yeux très bleus, très brillants reflètent une sensibilité aiguë. Il est à vous.

Marie Claire : Sur nos photos, vous êtes entièrement nu.
Frédéric Beigbeder :
Oui. Pourtant être nu n’est pas mon truc. Je suis très pudique. Je n’aime pas mon corps, je ne suis pas musclé, mes jambes sont trop maigres, je commence à avoir du bide. Mais, comme beaucoup de timides, je suis capable de montrer mes fesses debout sur la table. Je fais beaucoup de choses, souvent quand j’ai bu, par envie d’être remarqué.

Vous rougissez toujours ?
Frédéric Beigbeder :
Oui. Je déteste ça. C’est emmerdant de rougir. Surtout quand on parle à quelqu’un du sexe féminin.
 

Votre timidité passe-t-elle au fil du temps?
Frédéric Beigbeder: Je ne sais pas si j’ai envie qu’elle passe. Je trouve normal d’être mal à l’aise,  d’avoir un problème avec les inconnus, d’être incapable de parler à une jeune femme parce qu’elle me plaît. Si la beauté ne me troublait pas, ne me faisait pas bégayer, je trouverais ça triste.

 
 

Oui, mais la timidité peut être vécue comme un handicap.
Frédéric Beigbeder: Elle m’a fait beaucoup souffrir, isolé du reste du monde pendant des années, mais en même temps c’est elle qui m’a donné envie de lire, d’écrire, de faire le clown. Je ne crois pas en guérir un jour.
 
 

Votre film s’appelle «L’amour dure trois ans». Vos histoires n’ont jamais duré davantage?
Frédéric Beigbeder: Non, parfois quelques mois de plus. Pourtant l’amour me fait encore rêver. Une bonne manière de résoudre le problème est de s’en foutre. Pourquoi cette obsession de la durée ? Je l’ai, comme une fille qui rêve d’amour éternel. (Rires.)
 
 
Vous aimeriez passer votre vie avec la même femme?
Frédéric Beigbeder: Bien sûr. Je me suis marié très jeune, c’était un conte de fées, un amour absolu avec la femme parfaite, la plus belle du monde. Et puis je me suis réveillé. Elle aussi d’ailleurs. Longtemps j’ai confondu l’amour avec la [/color]fusion: on partage tout, on fait tout ensemble. Aujourd’hui, je préfère l’amour distance.

Vous y parvenez?
Frédéric Beigbeder: En ce moment ça va. Je touche du bois.


Vous êtes amoureux?
Frédéric Beigbeder: Oui. J’ai rencontré quelqu’un qui ne vit pas dans le même pays, c’est très érotique. Quand on est très angoissé par l’usure du désir, la peur d’étouffer, c’est une bonne solution.

L’engagement vous fait si peur?
Frédéric Beigbeder: Je me suis souvent engagé : je me suis marié deux fois, j’ai divorcé deux fois. J’ai davantage peur de l’ennui. Je n’ai jamais accepté de m’ennuyer avec quelqu’un. Le secret du bonheur est sans doute d’admettre les silences, d’accepter qu’on aille au resto sans parler. Je ne suis pas encore apaisé.

 
 

Vous n’arrivez pas à vivre simplement le quotidien à deux.
Frédéric Beigbeder: Non. Je suis immature, j’aime la passion, l’électricité, je suis accro aux battements de cœur, aux scènes de ménage. J’ai connu le quotidien, j’ai vécu avec des femmes, j’ai fait un enfant. Le problème est que, souvent, je me suis retrouvé à m’emmerder, senti emprisonné. Je parle au passé. Je ne désespère pas. J’ai 46 ans et je suis un peu fatigué. J’ai moins envie d’aller au Baron draguer toutes les filles, répéter les mêmes blagues qui vont produire les mêmes effets et les mêmes réveils coupables.

 
« Last Edit: Friday 02 March 2012, 13:49:08 by Rufus »
"Aquilla non capit muscas"


Offline Rufus

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Re: Frédéric Beigbeder
« Reply #1 on: Friday 02 March 2012, 13:38:47 »

Vous sortez encore?
Frédéric Beigbeder: Oui, mais c’est différent. J’avais peut-être une frustration à rattraper, une vengeance à accomplir. Je suis rassasié, je sais que ça marche.
Peut-on vraiment être rassasié ?
Oui, c’est même souhaitable. Même si c’est amusant de tester son éventuel magnétisme animal, de voir si on plaît. Mais on n’est pas obligé de consommer. Le marivaudage suffit. Un flirt platonique est même plus intéressant qu’un « one night stand » cafardeux. Cette quête effrénée d’amour et de plaisir va avec un mode de vie épuisant – les sorties, l’alcool, la drogue. C’est une question de survie, d’être un peu plus – employons un mot dégoûtant – heureux. Je rêve de tranquillité et d’équilibre. J’ai aussi fait une analyse.

 

Vous l’avez terminée?
Frédéric Beigbeder: Un jour ma psy m’a dit : « Je crois que vous allez bien, on ne va plus se voir. – Oh, non ! Mais j’adore parler de moi pendant des heures, comment je vais faire ? » Je ne pense pas être heureux, mais vous m’auriez rencontré il y a dix ans, je n’étais pas le même homme. La scène de suicide dans le film m’émeut car elle me rappelle cet homme complètement égaré, désespéré, couillon.

 
 

Avez-vous voulu vous tuer?
Frédéric Beigbeder: J’ai pensé au suicide souvent, mais je ne l’ai pas fait car je suis trop douillet, lâche. Je raconte ma dépression dans « L’amour dure trois ans ». Mon divorce m’a ouvert les yeux, a été un dépucelage mental. Jusque-là j’avais été protégé dans une éducation bourgeoise extrêmement loin de la réalité.
 
 
 
Souvent vous ne parlez pas d’amour mais de passion.
Frédéric Beigbeder: Au fond, je pense que j’aime l’état amoureux. On nous explique souvent que l’amour avec un grand A n’est pas la passion mais cette complicité qui, au fil des années, s’établit profondément entre un homme et une femme. Ça me fait flipper, c’est anti-sexy, c’est une résignation pour moi. Comme dans « La maman et la putain » de Jean Eustache : je veux une nana qui me console, me dorlote comme une mère quand je suis malade, qu’on se fasse des bisous tendres et parlions de choses intéressantes, mais quand, à un moment, je vois son épaule dénudée, je lui saute dessus et c’est directement contre le mur sans discuter. (Rires.) Je veux le beurre et l’argent du beurre. Je veux qu’elle soit tendre et salope.

 

Vous dites tenir de votre père votre obsession sexuelle.
Frédéric Beigbeder: Oui. Je suis un homme normal. Un homme normal est un obsédé sexuel ! C’est bien d’avoir très envie de faire l’amour tout le temps, c’est sain. Arrêtons de dire qu’un homme qui a envie de baiser avec plein de femmes est honteux.
 
 

Quel est votre genre de femme?
Frédéric Beigbeder: Toutes les femmes me plaisent, je n’ai pas de genre.

 
 

J’ai l’impression que vous aimez les femmes très belles.
Frédéric Beigbeder: Euh… Mais n’importe quel homme répondrait la même chose. Au départ, c’est vrai, je parle beaucoup de physique.

 
 

Vous l’admettez.
Frédéric Beigbeder: Je n’ai pas de genre de femme à part le canon, si vous voulez. Je ne sais pas, ça me rassure. Peut-être parce que, enfant, je me trouvais moche, j’aime être entouré de beauté renversante. Quelque chose m’intrigue dans l’extrême beauté. Je pense que tous mes problèmes viennent de cette soirée chez mon père, un cocktail avec plein de mannequins suédoises, Sydne Rome, Renée Simonsen… J’avais 11 ans, j’étais en robe de chambre avec mes petites pantoufles, entouré de ces bombes blondes qui rigolaient, fumaient des pétards en écoutant le disque d’Aphrodite’s Child où on entend une femme jouir. A 11 ans, c’est un peu bizarre d’entendre ça, de grandir dans cette liberté totale. J’ai toujours voulu reproduire cette soirée : être entouré de femmes sublimes qui éclatent de rire avec, à la main, un verre et des glaçons qui teintent.

 
 

Que regardez-vous chez une femme?
Frédéric Beigbeder: Ses dents, si elle est maquillée ou pas, sa coupe de cheveux. En fait, je suis un fou. J’aime les ossements : les pommettes, le menton, les clavicules, la colonne vertébrale, les côtes un peu saillantes… mais pas une femme trop maigre.
Vous avez écrit avoir hérité de votre père le goût des femmes jeunes.
Mon père ne va pas être content. Je suis un vampire. Je pense vivre plus longtemps si je suis avec des gens plus jeunes. Honnêtement, je trouve les personnes de ma génération assez sinistres. J’ai plein de copains de mon âge : ce sont tous des ados attardés, comme moi.

 
 

C’est triste d’être adulte?
Frédéric Beigbeder: Oui, car j’ai peur de mourir. Je préfère m’imaginer en éternel adolescent. Le sexe et la mort, voilà mes deux moteurs.
 
 
SURSA :
Marie Claire, Feb 3, 2012
http://www.marieclaire.fr/,frederic-beigbeder-confessions,20178,451579.asp
« Last Edit: Friday 02 March 2012, 13:44:37 by Rufus »
"Aquilla non capit muscas"

Offline phoenyx

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Re: Frédéric Beigbeder
« Reply #2 on: Tuesday 26 June 2012, 23:54:06 »
Ai observat ca ti-a sarit tastatura pe bold la unele pasaje... ?
Salvează un copac ! Mănâncă un castor.


Offline Rufus

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Re: Frédéric Beigbeder
« Reply #3 on: Wednesday 27 June 2012, 19:54:55 »
Ai observat ca ti-a sarit tastatura pe bold la unele pasaje... ?

ca sa vezi, ce intamplare!  :grin:
"Aquilla non capit muscas"