Paroles de Frédéric Beigbder au sujet de "L'amour dure trois ans" :
"Comme disait l'autre, la vie ne vaut pas la peine d'être vécue sans amour. Mais attention, amour ne rime pas avec bonheur. La société nous lave le cerveau au karcher et tente de nous imposer un modèle " Belle au bois dormant Prince charmant "sans rapport avec la réalité. Et on plonge. On brandit la libération sexuelle mais on s'empresse d'aller se réfugier bien au chaud sous sa couette : mec, mariage, appart'. Bref, Lion sur papier glacé des magazines, mouton en réalité. Casanova en public, Michel blanc à la maison."
"Au départ, la société a inventé la fidélité pour tenir les gens tranquilles. La religion notamment redoutait l'amour et ses conséquences imprévisibles. Aujourd'hui, la pub nous bombarde : Il faudrait changer toutes les demi-heures d'ordinateurs, de bagnoles, de décos… mais pas de nanas ? On vit dans la société du zapping : les industriels savent mesurer la déception et l'obsolescence. En même temps, on nous dit rester ensemble ad vitam."
"J'ai tenté de suivre le modèle poli, propre sur lui, gants blancs, poignée de riz à la sortie de l'Eglise. Le succès fut des plus mitigé. Il ne faut pas regretter d'être seuls. Les solitaires sont parfois désespérés mais ils sortent souvent et rencontrent du monde. Finalement, ils sont libres et heureux, même si leur bonheur passe par des phases de doute… En couple, on étouffe, on se flique, on se restreint. Pour moi, l'amour doit faire vibrer. Je dois sûrement être un ado attardé… Enfin… fier de l'être si mûrir, c'est regarder à deux la télé. Dans "Nouvelles sous ecstasy", je différenciais célibat dépressif et mariage ennuyeux. Reste à trouver un compromis."
"J'ai rencontré jusqu'ici trois types de femmes. Les nympho qui profitent et qui s'amusent. Les oiseaux mazoutés traumatisées par des salauds et qui refusent de faire confiance aux hommes. Enfin, les maquées-coincées. Mais je ne vous jette pas la pierre. C'est dur d'être une femme aujourd'hui. Elles en prennent plein la tête : à leur place, je n'aurais pas envié la routine métro, boulot, dodo des hommes."