Deficit zero dar datoria Quebecului se mareste cu 2.8 mld:
Québec creuse encore sa dette
22 avril 2005 - 09h09
La dette totale augmentera de 2,8 milliards cette année même si le gouvernement prévoit un déficit zéro. Comment expliquer cette contradiction?
Pour comprendre, il faut savoir que la dette est composée non seulement des déficits accumulés, mais également des emprunts contractés pour faire des investissements à long terme, dans les routes et les immeubles, par exemple. Ces investissements à long terme ne sont pas imputés aux dépenses courantes de l'année, mais plutôt amortis sur plusieurs années. Un peu comme l'achat d'une maison ne vient pas réduire le budget annuel d'un couple durant l'année d'acquisition.
Au 31 mars 2006, la dette totale du gouvernement du Québec s'élèvera à 119,4 milliards de dollars, comparativement à 116,6 milliards actuellement, soit 2,8 milliards de plus. Les déficits accumulés ces dernières années comptent pour 86,3 milliards de cette dette, une portion qui demeure stable, compte tenu des déficits zéro. Le reste, soit 33,1 milliards, est la dette contractée pour investir dans les immobilisations, les routes et les autres éléments d'actif du gouvernement du Québec.
Dans son budget, le ministre des Finances, Michel Audet, a dit faire "une de ses priorités la modernisation des infrastructures du Québec". Les investissements annoncés, faut-il comprendre, ne viennent pas pleinement gonfler le budget de dépenses, mais la dette.
En effet, de la hausse de 2,8 milliards de la dette cette année, une portion de 1,2 milliard s'explique directement par la hausse des investissements dans les routes et les immobilisations. Cette hausse de 1,2 milliard est légèrement plus importante que la moyenne des dernières années.
Les profits d'Hydro-Québec expliquent une autre part importante de la hausse de la dette du gouvernement. En effet, le gouvernement du Québec ne récolte qu'une partie des profits d'Hydro sous forme de dividendes, partie qui est ajoutée à ses revenus. La portion des profits qui reste dans les coffres d'Hydro est considérée comme un investissement pour le gouvernement, pour lequel il augmente son actif, mais également sa dette. Des 2,8 milliards de hausse de dette cette année, 1,1 milliard est attribuable à ces profits.
En plus des immobilisations (1,2 milliard) et d'Hydro-Québec (1,1 milliard), il reste une portion de la hausse de 2,8 milliards qui est notamment attribuable aux mises de fonds du gouvernement dans certaines sociétés (500 millions).
* Dette à la fin de l'année financière (au 31 mars)
2006 119,4 MILLIARDS*
2005 116,6 MILLIARDS
2004 114,7 MILLIARDS
2003 111,3 MILLIARDS
2002 107,2 MILLIARDS
2001 104,8 MILLIARDS
2000 102,1 MILLIARDS
1999 101,1 MILLIARDS
1998 98,4 MILLIARDS